Aller au contenu principal
Quand la pochette de disque se transforme en objet de décoration connecté

Quand la pochette de disque se transforme en objet de décoration connecté

La start-up IICONI travaille depuis plusieurs années avec l’INA pour enrichir de contenus vidéos des albums disponibles à son catalogue. Rencontre avec son principal fondateur, Aymeric Beguin.

Par Benoît Dusanter - Publié le 22.03.2022
Aymeric Beguin et les cadres connectés IICONI. Crédits : INA.

C’est dans une petite rue de Boulogne-Billancourt près de Paris qu'il a donné rendez-vous. Regard vif et chevelure grisonnante, Aymeric Beguin reçoit avec un grand sourire dans les locaux d’IICONI, la start-up qui transforme les pochettes de vinyle en objets de décoration connectés. Le décor est simple et musical : un vinyle des Beatles trône sur une commode, une langue des Rolling Stone sur une autre. Crée en 2018, la start-up voit le jour après un constat simple : « La musique est de moins en moins offerte avec la digitalisation. Il est loin le temps où les CD et les DVD trouvaient toujours une place sous le sapin » explique cet ancien responsable de développement chez Smartbox et qui a fait ses armes chez Universal.

« Cette digitalisation donne accès à un large catalogue et à une nouvelle forme de création, mais anthropologiquement, les gens ont besoin d’objets. La carte cadeau ne saurait combler ce besoin. Offrir de la musique reste quelque chose d’important », poursuit-il. En parallèle, on assiste depuis plusieurs années au retour en grâce du vinyle (4 millions d'exemplaires vendus en France en 2021). Le 33 tours n'attire plus seulement les mélomanes. Format, pochette, livret, l’objet disque séduit une nouvelle clientèle. Plus encore, si la consommation de playlists en ligne semble aujourd’hui la règle, écouter un album dans son ensemble, morceau après morceau, dans l’ordre établi par l’artiste, reste toujours d’actualité. Il faut tout de même rester prudent affirme Aymeric Beguin « 55% des vinyles achetés ne sont pas utilisés ».

« Tout le monde se souvient de son premier disque acheté, personne de son premier téléchargement »

La dématérialisation du support change le rapport à la musique. Pour Aymeric Beguin « il faut une nouvelle proposition de valeur. Encore plus quand il est question d’offrir ou de satisfaire les fans. Le poster a toujours été cette relique de la fan attitude. Si vous n’avez pas de place chez vous, vous avez des murs ! C’est l’idée d’IICONI : retrouver ces sensations, privilégiées par les supports physiques, tout en misant sur la richesse permise par le numérique. C'est ainsi qu'est née l'idée de cadre connecté.

Un objet design et connecté

Après plusieurs études, la société se lance donc dans la réalisation en reprenant les codes de la pochette vinyle : l’objet est une transposition du format sur aluminium (exit les marques du temps sur le carton). Plus épais qu’un 33 tours, il dispose d’une attache aimantée pour le poser sur un meuble ou l’attacher au mur. « Nous avons souhaité rendre aux albums cultes leur valeur décorative » explique l’entrepreneur. Un format panoramique a également été pensé pour les intégrales et les anthologies. Côté technologie, une puce permet de télécharger gratuitement une application sur son smartphone et d’avoir accès à l’album en haute définition sur une enceinte connectée, ChromeCast ou AppleTv. Il existe une possibilité de téléchargement ainsi qu’une large quantité de contenus exclusifs en lien avec l’album et l’artiste.

Un contenu augmenté

L’objet ne se contente pas de vous fournir une version de qualité de l'album, il donne également accès à des contenus éditorialisés mis à jour chaque mois. C’est là que l’INA entre en scène. « Pour chaque projet, je choisis un journaliste spécialisé pour éditer du contenu écrit, vidéo ou audio. Par exemple sur Histoire de Melody Neslon de Serge Gainsbourg, j’ai fait appel à Sébastien Merlet et Christophe Geudin qui ont écrit Gainsbook, sur Johnny Halliday, on a travaillé avec Jean-François Brieu, auteur de Johnny en concert, Christian Eudeline pour Christophe etc… On essaye toujours d’apporter quelque chose de plus. C’est souvent eux qui nous orientent vers l’INA et ses trésors. Et de fait, ils ne se trompent pas ! C’est exactement le genre de contenus qui se marient avec notre produit. On a ainsi pu intégrer par exemple des extraits de Miles Davis pour Ascenseur sur échaffaud, de Maria Callas ou encore Christophe que nous avons trouvé en ligne via INA mediapro.. Nous agrégeons aussi des podcasts, des articles, des extraits de livres…».

Le catalogue, bien qu’essentiellement français, comporte aussi des références internationales comme Lady Gaga. « C’est compliqué d’avoir le « Go » avec les grosses majors américaines mais l’idée les intéressent. Avec le Covid nous avons été obligés de stopper nos déplacements à Londres et New York. Nous essayons d’ouvrir l’idée à d’autres projets. Par exemple, nous avons fait un cadre Goldorak avec une image inédite. C’est une sorte de catalogue augmentée de l’exposition qui a eu lieu à la Maison de la culture du Japon à l’automne 2021. Nous travaillons actuellement sur une collaboration avec le musée Guimet. Notre concept s’ouvre à la culture au sens large ».

Les cadres connectés d'IICONI

Anthologie Maria Callas en format panoramique

"Coeur" de Clara Lucciani

"Rivière... ouvre ton lit" de Johnny Hallyday

"Histoire de Melody Nelson" de Serge Gainsbourg

Lancer le diaporama : 5 images

Actualités

Les actualités de l'INA

L’INA célèbre la «République électronique» au Trianon à Paris
L'INA dévoile la plus large étude jamais réalisée sur la diffusion du documentaire à la télévision
À quoi ressemblaient les campagnes françaises dans les années 60
Sur Youtube, Mireille Dumas retrouve ses anciens témoins
«Madame est servie», la série qui a inversé les rôles, à voir sur madelen
Festival Présences 2024
Vous savez comment on avortait lorsque c'était interdit : l'INA lance un appel à témoins
Regardez les années 70 en version originale avec la chaîne INA 70
Julie Dachez : «Les médias contribuent à véhiculer cette image de l'autisme comme tare»
«S.P.A.M.», la série qui aide les enseignants et les élèves à décrypter les médias et l’information
Serge Viallet : «Nous sommes des archéologues de l’image»
À la recherche du tombeau perdu de Néfertiti
«Ginette Kolinka : nous n’étions rien», une nouvelle série du podcast «Mémoires de la Shoah»
Hommage à Pierre Richard au festival Au-delà de l’écran de Vincennes
L'INA lance Ardivision, sa première Fast TV
«Duels d’Histoire» : donner aux femmes leur juste place dans l'Histoire
«Le film "Shoah" ne répond pas à la question du pourquoi ?»
Les mots de Georges Kiejman sur la Shoah : «Pardon d’avoir survécu»
«L’étude des oasis nous apporte des solutions pour faire face au réchauffement climatique»
Johnny Hallyday : décryptage d’un symbole de la culture populaire et du patrimoine français
«Le rap a gagné la guerre en devenant la musique populaire par excellence»
Serge Viallet : «Nous sommes des archéologues de l’image»
La République électronique de Dombrance
Le féminisme en ligne est-il un néo-féminisme ?
Léa Veinstein : «Le témoignage de Simone Veil est un combat»