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Des lois sur l'immigration et un discours de fermeté

Des lois sur l'immigration et un discours de fermeté

«La fermeté» est un terme récurrent dans la bouche des politiques pour parler d’immigration… et ce n’est pas nouveau.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.12.2023 - Mis à jour le 19.12.2023
 

L'ACTU.

La fermeté ! C’est le maître mot de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, pour évoquer la loi sur l’immigration. Depuis 30 ans ce discours de fermeté est récurrent, surtout en matière d’immigration clandestine. C'est ce que montre le montage d'archives disponible en tête d'article.

LES ARCHIVES.

« En parlant de l’immigration clandestine, vous avez tenu un langage qui semble-t-il marque un durcissement du langage gouvernemental sur ce pb de l’immigration ». Un durcissement du langage en matière d’immigration clandestine. Voilà comment était déjà perçue en 1991 la politique de la première ministre de François Mitterrand, Édith Cresson (première ministre,1991-1992). Et voilà ce qu’elle répondait… fermement : « La loi doit être respectée ou alors, on change la loi. La loi, c'est que les immigrés illégaux clandestins doivent être expulsés. Moi, je veux le respect de la loi. »

5 ans plus tôt, en 1986, période de cohabitation, Charles Pasqua (ministre de l'Intérieur, 1993-1995) initiait déjà cette politique d’expulsion massive de sans papiers via des charters. Et c’était avec vigueur qu’il défendait sa méthode : « Alors, j'entends bien ici où là que ça grogne ou que ça rogne et qu’on nous dit un charter, c’est trop. Moi, je dis simplement ceci, si demain, je dois faire un train, je le ferai et si ça ne plait pas, c'est pareil. » Pour le ministre de l'Intérieur, c'était simple : il fallait mettre un terme à l'immigration clandestine. Sa posture était ferme et elle ne changerait pas pour son autre projet de loi sur l’immigration en 1993, avec toujours dans le viseur, les sans papiers.

Une fermeté réaffirmée

1995, nouveau ministre de l’Intérieur, nouvelle loi immigration. Cette fois, c'est Jean-Louis Debré (ministre de l'Intérieur, 1995-1997) qui tapait du poing sur la table pour faire face, encore une fois, à l’immigration clandestine. « Est-ce que vous accueilleriez chez vous des gens qui ne sont pas invités ? Est-ce que vous les laisseriez prendre dans votre frigidaire ? Vous n'auriez qu'une envie, c'est qu'ils s'en aillent ».

En 2005, la philosophie était la même pour Nicolas Sarkozy. Sa loi immigration se voulait encore plus ferme que ses prédécesseurs. Il créait une nouvelle mesure d’éloignement des étrangers… l’obligation de quitter le territoire français (OQTF). En visite dans une banlieue, il affirmait sa position devant de jeunes beurs : « On ne peut pas accueillir tout le monde ; déjà qu’on a du mal à trouver du boulot à tous ceux qui sont Français. C’est pas possible ! »

10 ans plus tard, en 2015, la gauche revenait au pouvoir. La fermeté face à l’immigration clandestine était toujours au rendez-vous. Et pour Bernard Cazeneuve (ministre de l'Intérieur, 2005-2007), ce n’était pas antinomique aux valeurs de gauche.

La fermeté ce n’est pas non plus la fermeture, la fermeté ce n'est pas l'outrance verbale. La fermeté, c'est une action méthodique. « Cette « action méthodique » de fermeté sera la même pour les ministres de l’Intérieur d’Emmanuel Macron. C’était le cas pour Gérard Collomb en 2018 et aujourd’hui pour Gérald Darmanin.

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